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Les dispositions de la réforme constitutionnelle — Turquie

16 Avril 2017

L'infatigable Recep Tayyip Erdogan ne ménage pas ses efforts pour triompher, dimanche, du plus important scrutin de sa vie. Il a appelé les électeurs à soutenir massivement son projet de réforme.

Le président a ainsi dû rassurer vendredi ses alliés nationalistes après que le dirigeant du MHP, Devlet Bahçeli, a accusé un conseiller de M. Erdogan d'avoir suggéré que le fédéralisme était envisageable après le référendum.

Si le "oui" l'emporte, le président turc se passera de premier ministre, nommera lui-même les ministres, mais aussi une partie des juges et procureurs.

Cinquante-cinq millions d'électeurs sont appelés à se rendre dans les 167'140 bureaux de vote, qui ouvriront dimanche à 07h00 locales (06h00 suisses) dans l'est du pays et fermeront dix heures plus tard.

Dix-neuf membres présumés du groupe Etat islamique (EI), soupçonnés de préparer des actes de sabotage pour perturber le référendum prévu dimanche, ont été arrêtés mardi en Turquie, a rapporté l'agence progouvernementale Anadolu.

La réforme prévoit également le rafraîchissement du Parlement turc, qui verra son nombre de députés passer de 550 à 600.

Autre point susceptible de profiter au président en place, la possibilité pour Recep Tayyip Erdogan de se maintenir légalement au pouvoir jusqu'en 2029. Il supervisera les actions du président, mais ce dernier pourra promulguer des décrets dans les domaines relevant de la large sphère de ses compétences exécutives.

Le président turc aura déployé, plus que jamais, ses qualités de tribun hors pair, prononçant des discours truffés de poésie nationaliste et d'extraits du Coran, ménageant des silences pour que ses mots imbibent les esprits. Il serait alors âgé de 75 ans. Cet accord lie l'Union européenne et Recep Tayyip Erdoğan en profite, lançant une répression exemplaire après le coup d'Etat manqué de juillet 2016, sans que l'Europe ne puisse l'arrêter [L'Express]. Mais certains craignent que cette révision constitutionnelle ne sonne le glas de la république laïque fondée par Mustafa Kemal Atatürk, dont toute remise en cause de l'héritage est considérée comme un crime de lèse-majesté.

"Le 16 avril, voulez-vous dire +oui+ à une Turquie forte?", a demandé M. Erdogan à la foule, qui lui a répondu d'un "Oui!" tonitruant.

Le gouvernement présente cette réforme comme indispensable pour assurer la stabilité de la Turquie et lui permettre d'affronter les défis sécuritaires et économiques.


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