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Un référendum constitutionnel pas si satisfaisant pour Erdogan — Turquie

18 Avril 2017

Les bureaux du vote, où quelque 55,3 millions de Turcs étaient appelés à dire oui ou non à cette révision constitutionnelle, ont fermé à 17H00 heure locale (14H00 GMT).

Le CHP et le HDP (prokurde) ont notamment fustigé une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral. L'opposition dénonce des fraudes et conteste le résultat.

De 2002 (date de la première victoire du parti islamiste AKP) jusqu'à aujourd'hui, le président Recep Tayyip Erdogan a réussi à concentrer entre ses mains autant de pouvoirs que l'on peut comparer seulement à ceux qu'avait détenus le fondateur de la Turquie moderne, Mustapha Kamel Atatürk.

Dans un discours télévisé, le chef de l'Etat a salué une "décision historique" du peuple turc et appelé les pays étrangers à "respecter" le résultat du scrutin. Pendant la campagne référendaire, le président turc a diabolisé ses opposants, les accusant de collusion avec les "terroristes" et les "putschistes".

"Au vu du résultat serré du référendum et des implications profondes des amendements constitutionnels, nous appelons (...) les autorités turques à rechercher le consensus national le plus large possible dans leur mise en oeuvre", ont écrit dans un communiqué commun le président de la Commission européeenne, Jean-Claude Juncker, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le responsable de l'élargissement de l'UE, Johannes Hahn.

Il a aussi répété qu'il approuverait le rétablissement de la peine de mort en cas de vote en ce sens au parlement, faute de quoi un référendum sur la question serait organisé.

Le camp du "non " l'a emporté dans les trois principales villes: Istanbul, Ankara et Izmir (ici, à Istanbul). Le CHP a en outre annoncé qu'il allait demander un nouveau décompte de jusqu'à 60% des bulletins en dénonçant des "actes illégaux" au bénéfice du camp du "oui".

Le référendum a profondément polarisé la population.

A l'occasion du Conseil des ministres hebdomadaire, le gouvernement saoudien a "félicité le président Erdogan de Turquie et le peuple turc pour le succès du référendum sur la réforme constitutionnelle", a rapporté l'agence de presse officielle saoudienne, SPA. "C'est l'occasion de reprendre le contrôle de notre pays", a déclaré Bayram Seker, un auto-entrepreneur de 42 ans, après avoir voté " oui " à Istanbul. Ce système présidentiel "rassemble un pouvoir sans précédent dans les mains d'un seul homme", souligne Alan Makovsky, du Center for American Progress. "C'est pourquoi c'est très important", a-t-il ajouté.

Le partage des prérogatives et des compétences entre les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et l'armée a toujours été au centre de la vie politique en Turquie.

Le candidat du mouvement En Marche! a quant à lui qualifié le référendum de "dérive autoritaire", et a affirmé qu'il n'y aurait "pas d'avancée" dans les discussions d'intégration de la Turquie à l'Union européenne s'il est élu.

Ses gigantesques projets d'infrastructures ont d'ores et déjà transformé le visage de la Turquie, et en particulier d'Istanbul, où un troisième pont enjambe désormais le Bosphore, également traversé par plusieurs tunnels.


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