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Le collectif ouvre les barrages — Guyane

19 Avril 2017

Après trois heures d'assemblée générale, le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" ("Pour que la Guyane décolle"), qui pilote le mouvement social qui dure depuis plus de trois semaines en Guyane, a fini par annoncer jeudi soir l'ouverture des barrages, qui paralysaient le territoire, "jusqu'à nouvel ordre". De nombreux barrages seront ouverts pour le week-end pascal, hormis ceux jugés stratégiques, comme celui du Centre spatial guyanais de Kourou.

Mais cela ne veut pas dire que le conflit est terminé. "Nous n'avons pas de réponse de l'Etat, nous irons jusqu'au bout", a affirmé à l'AFP à Paris Olivier Goudet, président de l'association "Trop Violans" et porte-parole des "500 frères contre la délinquance", fer de lance de la mobilisation, dont la particularité est de se déplacer cagoulés et vêtus de noir.

Le collectif a cependant confirmé qu'il "poursuivait la mobilisation".

Avec l'ouverture des barrages, la Guyane espérait samedi pouvoir profiter du week-end pascal en dégustant un bouillon d'Awara, mets traditionnel créole, malgré une situation toujours compliquée, notamment pour les hôpitaux, qui ont déclenché le plan blanc.

Le collectif se réunira de nouveau lundi. Les divergences existent aussi au sein du collectif, qui rassemble élus, associations, syndicats et socio-professionnels.

L'hypothèse qu'une délégation se rende à Paris pour rencontrer le chef de l'Etat avait été évoquée dans l'après-midi, mais elle n'a finalement pas été retenue, "pour garder la même ligne qu'au départ", et marquer "la colère de la population vis à vis d'un président qui n'a jamais porté attention à notre égard", a déclaré Youri Antoinette, à la sortie de l'assemblée générale. Après trois semaines de mobilisation et des négociations qui ont échoué avec le gouvernement, les Guyanais sont divisés sur la poursuite du mouvement.

Ces derniers, représentant notamment le secteur économique (employeurs, artisans, commerçants, indépendants), avaient demandé jeudi la levée de ces barrages pour "faire perdurer l'esprit du 28 mars (journée de mobilisation historique en Guyane, ndlr) et sauver les emplois guyanais". Ils ont notamment justifié leur action par des pertes financières de plus en plus importantes.

Un mouvement qui se restructure "On est mobilisé, ça ne changera plus jamais, on a soulevé quelque chose qui ne s'arrêtera pas. On est parti pour des mois", a répondu Mikael Mancée.

Si le gouvernement a validé la semaine dernière un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros pour ce territoire, il refuse de verser plus.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a indiqué mercredi qu'il souhaitait l'installation du comité de suivi local du plan d'urgence, "le 20 avril au plus tard".

Le conflit a des conséquences sur la campagne présidentielle: la propagande électorale des onze candidats ne sera pas distribuée dans les boîtes aux lettres des électeurs guyanais, vu "l'impossibilité d'expédier les circulaires des candidats avant le premier tour du scrutin", a annoncé la préfecture. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.


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