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L'opposition veut frapper un grand coup — Manifestations au Venezuela

20 Avril 2017

'Le département d'Etat américain a annoncé un coup d'Etat au Vénézuela, aujourd'hui 18 avril, à 21h10, a déclaré le président Maduro dans son palais de Miraflores, à Caracas, lors d'une réunion diffusée à la radio et la télévision. Les accès de la capitale étaient bloqués en début d'après-midi par un important déploiement policier et militaire, qui repoussaient, à l'aide de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, les manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails molotov.

Un adolescent de 17 ans et une jeune femme de 23 ans ont été tués par balle mercredi au Venezuela alors que se déroulaient de vastes manifestations d'opposants au président Nicolas Maduro, marquées par des violences. Ceux-ci ont aussi lancé des grenades lacrymogènes sur une manifestation d'opposants, a précisé Amadeo Leiva, le directeur de la clinique où il avait été transporté. Depuis, l'opposition a tout fait pour que Nicolas Maduro quitte le pouvoir: une gigantesque pétition en faveur d'un référendum sur son départ, une demande d'élections anticipées.

Une vingtaine de stations de métro et de nombreux commerces de Caracas étaient fermés.

Dans ce pays qui est l'un des plus violents au monde, la précédente série de protestations anti-Maduro, en 2014, s'était soldée par un bilan officiel de 43 morts. L'opposition a immédiatement dénoncé une tentative d'"intimider" les manifestants.

En l'occurrence, le président du Parlement vénézuélien avait appelé les forces armées mardi à être "loyales" à la Constitution en laissant les opposants défiler pacifiquement.

Inquiets, onze pays latino-américains avaient demandé lundi à Caracas de " garantir " le droit de protester pacifiquement, un appel qualifié par le gouvernement vénézuélien d' "ingérence grossière ".

"L'objectif de cette mobilisation, baptisée " plan Zamora", consiste à " défaire le coup d'État [et] l'escalade de la violence", a annoncé mardi M. Maduro, quelques heures après avoir reçu le soutien " inconditionnel " du chef des armées, le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.

D'après des témoins, les assaillants font partie dans les deux cas des "colectivos", ces groupes de civils armés par le gouvernement selon l'opposition.

Seule voix discordante au sein du camp présidentiel, la procureure générale de la Nation, Luisa Ortega, a affirmé mercredi que "les responsables des organismes de sécurité de l'État doivent garantir l'exercice du droit à manifester de manière pacifique, en respectant strictement les droits de l'homme".

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Toute échéance électorale est de toute façon une menace pour M. Maduro, dont sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ, asphyxiés par la crise économique qui vide les rayons des supermarchés et dope l'inflation, attendue à 720,5% fin 2017 par le FMI.

La manifestation de mercredi est la sixième du genre organisée depuis que la Cour suprême du pays, réputée proche du président, a tenté, fin mars, de s'arroger les pouvoirs du Parlement, contrôlé par la MUD, et de priver les députés de leur immunité, avant de faire marche arrière.

L'opposition a dénoncé une tentative de coup d'Etat mais paradoxalement cet épisode lui a aussi donné un nouveau souffle, l'amenant à dépasser ses divisions intestines, et a relancé la mobilisation populaire à ses côtés, assoupie ces derniers mois.

"Chavez avait intégré les militaires dans la gestion du gouvernement et la tendance s'est approfondie avec Maduro", explique à l'AFP l'analyste Luis Vicente León.


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