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Neuf morts en trois semaines de manifestations — Venezuela

21 Avril 2017

Les violences autour de ces défilés ont déjà fait huit morts en trois semaines, dont trois jeudi, et plus de 500 personnes ont été arrêtées, selon l'ONG Foro Penal.

De nouvelles élections seraient un risque pour le chef d'Etat, puisque sept Vénézuéliens sur dix souhaitent son départ, d'après Le Point.

L'opposition, dont c'est le sixième rassemblement depuis début avril, a promis qu'il s'agirait de 'la mère de toutes les manifestations'.

En plus de ce jeune âgé de 17 ans, une femme est décédée d'une balle dans la tête en marge d'un rassemblement à San Cristobal, une ville de l'Ouest du pays.

La pression internationale se maintient: l'Union européenne a condamné les violences "très regrettables" survenues pendant les manifestations et a appelé à une "désescalade" pour "stopper la détérioration de la situation".

D'après des témoins, les assaillants font partie dans les deux cas des "colectivos", ces groupes de civils armés par le gouvernement selon l'opposition.

Un des principaux responsables du pouvoir du président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé mercredi qu'un militaire, membre de la Garde nationale, avait été tué par des manifestants.

"Ils viennent d'assassiner un garde national à San Antonio de los Altos, les "pacifiques", a-t-il précisé.

"Ne lancez plus de bombes, s'il vous plaît", a crié juché sur un véhicule blindé militaire un manifestant nu, portant seulement des chaussures de sport et des chaussettes, qui s'était calmement dirigé vers les forces de l'ordre au milieu des affrontements, à travers un nuage de gaz lacrymogène.

Au cours des précédentes actions de protestation, ce sont justement les opérations des forces de l'ordre pour repousser, à l'aide de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, les manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails molotov, qui avaient dégénéré en violences. "Je n'ai pas peur!", confiait une manifestante, Ingrid Chacon, une secrétaire de 54 ans brandissant le drapeau jaune, bleu et rouge du Venezuela.

Les antichavistes (du nom du défunt président Hugo Chávez, 1999-2013) étaient toutefois empêchés d'entrer dans le centre de la capitale, où défilaient les partisans de Nicolas Maduro.

Dans le même registre, Nicolas Maduro avait estimé mardi que Julio Borges, le chef du Parlement dominé depuis 2015 par l'opposition, devrait être poursuivi pour " appel au coup d'Etat ".

En l'occurrence, le président du Parlement vénézuélien avait appelé les forces armées mardi à être " loyales " à la Constitution en laissant les opposants défiler pacifiquement.

Onze pays latino-américains ont demandé à Caracas de "garantir" le droit de protester pacifiquement et exprimé leur "profonde tristesse" après la mort de cinq personnes lors des dernières manifestations. Il a pourtant assuré mercredi souhaiter des élections "bientôt" pour "gagner définitivement" la bataille.

Selon Euronews, les autorités ont fait état d'un militaire tué par des manifestants. De nouvelles manifestations doivent avoir lieu ce jeudi.

M. Maduro, qui dénonce un "coup d'Etat terroriste" fomenté selon lui par les Etats-Unis - une accusation rejetée par Washington - a renforcé ces derniers jours la présence policière et de l'armée qui lui a apporté son soutien "inconditionnel".

Cette vague de manifestations a démarré le 1er avril quand la Cour suprême, considérée comme proche de Nicolas Maduro, s'est arrogé les prérogatives du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui l'a poussée à faire machine arrière 48 heures plus tard.


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