Lundi, 24 Juillet 2017
Dernières nouvelles
Principal » Le parquet de Paris ouvre une enquête en France — Vague de cyberattaques

Le parquet de Paris ouvre une enquête en France — Vague de cyberattaques

15 Mai 2017

Le constructeur automobile français Renault a été touché par la vague de cyberattaques simultanées, et des sites de production en France sont à l'arrêt, a annoncé la direction du groupe.

"On a reçu des messages de la direction, on ne travaille pas demain (lundi)", a déclaré à l'AFP David Dubois, secrétaire général du syndicat CGT à Douai, confirmant une information de la radio France Bleu Nord. L'usine de Sandouville (Seine-Maritime), qui emploie 3.400 salariés et produit par jour 640 véhicules utilitaires, essentiellement des Renault Trafic, a notamment été touchée, selon des sources concordantes. "On n'a à ce stade pas connaissance d'autre victime" que le constructeur automobile, a indiqué samedi à la mi-journée une porte-parole de l'agence chargée de coordonner la lutte contre le piratage informatique en France.

Une porte-parole de la filiale de Renault en Slovénie, Revoz, a déclaré à l'AFP que les ordinateurs de l'usine de Novo Mesto avaient été touchés, entraînant un arrêt de production.

"Toutes les équipes techniques sont sur place pour faire un diagnostic, procéder à une analyse technologique et engager une action pour reprendre la production au plus vite", a ajouté ce responsable, évoquant une reprise de la production "dès lundi matin". "Mauvaises surprises" lundi matin? Renault est la première entreprise française ayant reconnu avoir été touchée par cette cyberattaque massive, qui a frappé notamment la Grande-Bretagne, l'Espagne, le Portugal, le Mexique, l'Australie et la Russie.

Enquêteurs et experts informatiques internationaux traquaient dimanche les pirates informatiques à l'origine de la cyberattaque mondiale "sans précédent", qui pourraient frapper à nouveau dans les jours à venir.

Face à ces attaques, le parquet de Paris, qui dispose d'une compétence nationale pour ce type d'attaques informatiques, a ouvert dès vendredi soir une enquête de flagrance pour "accès et maintien frauduleux dans des systèmes de traitement automatisé de données", "entraves au fonctionnement" de ces systèmes et "extorsions et tentatives d'extorsions", a-t-on appris samedi de source judiciaire. "Ils ont essayé de la faire repartir mais elle est pour l'instant à l'arrêt", a-t-il dit. La cyberattaque, "d'un niveau sans précédent" selon Europol, a été réalisée à l'aide d'un logiciel de rançon. Le logiciel verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer une somme d'argent sous forme de bitcoins pour en recouvrer l'usage: on l'appelle le "rançongiciel".

La Banque centrale russe, plusieurs ministères russes, le géant américain de livraison de colis FedEx ou encore la compagnie de télécoms espagnole Telefonica, où les employés ont été appelés par mégaphone à éteindre leurs ordinateurs en catastrophe, ont également été affectés.

Ceux-ci ont apparemment exploité une faille dans les systèmes Windows, divulguée dans des documents piratés de l'agence de sécurité américaine NSA.


Le parquet de Paris ouvre une enquête en France — Vague de cyberattaques