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Le président tente de sauver son mandat, les marchés plongent — Brésil

19 Mai 2017

Mais Michel Temer nie avoir donné son feu vert à toute initiative visant à empêcher de témoigner l'ancien président de la Chambre des députés Eduardo Cunha.

Le président brésilien Michel Temer a fait savoir jeudi qu'il n'avait pas l'intention de démissionner malgré la publication d'informations l'accusant d'avoir approuvé le versement d'un pot-de-vin à un témoin clé dans l'affaire Petrobras afin qu'il reste silencieux, selon le témoignage d'un homme d'affaires.

Michel Temer réfute les accusations lancées contre lui et a déclaré jeudi matin à des parlementaires qu'il ne serait pas chassé de son poste.

Le chef de l'Etat a reconnu avoir rencontré en mars dernier l'homme d'affaires en question, le président du groupe agroalimentaire JBS SA, numéro un mondial du conditionnement de viande, Joseley Batista. L'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva est lui-même concerné par pas moins de cinq procédures.

Les militants de gauche l'accusent d'avoir orchestré un "coup d'État", notamment avec Eduardo Cunha, pour prendre le pouvoir.C'est justement l'ancien chef des députés, parfois comparé à Frank Underwood, héros manipulateur de la série américaine "House of Cards", qui risque de le précipiter indirectement dans sa chute. Avant d'être condamné fin mars à 15 ans de prison pour corruption, M. Cunha, autrefois l'un des politiques les plus influents du Brésil, avait œuvré en 2016 à la destitution de l'ex-présidente de gauche Dilma Rousseff, pour maquillage des comptes publics.

Michel Temer a aussitôt nié les faits, dans un communiqué, tandis que le parquet général et la Cour suprême du Brésil ont expliqué ne pas avoir d'information sur cette affaire.

Ce nouveau scandale éclabousse également le sénateur centre-droit Aécio Neves, du PSDB, candidat malheureux à la présidentielle.

Le journal révèle que Joesley Batista a aussi remis aux autorités un autre enregistrement dans lequel M. Neves aurait demandé 2 millions de réais (environ 570.000 euros) de pots-de-vins. Au cours de l'échange, relève Le Monde, Neves précise que la somme doit être transmise par une personne de confiance, "que l'on puisse tuer avant qu'il fasse une délation".

Il ne s'agit que du dernier épisode en date du retentissant scandale de corruption Petrobras.

Selon O Globo, le président est directement impliqué dans d'autres malversations. En avril, la Cour suprême a autorisé l'ouverture de 76 enquêtes visant une centaine de personnalités politiques de tous bords. Des dizaines de manifestants défilaient dans la rue aux cris de "Temer dehors".

Plusieurs perquisitions ont été menées, jeudi 18 mai, à Brasilia, Rio de Janeiro et Belo Horizonte, après les révélations publiées mercredi par le quotidien O Globo.

Cette grave crise politique est envenimée par une récession historique, que le gouvernement actuel tente de résorber par le biais de mesures d'austérité impopulaires. Plusieurs membres de l'opposition ont appelé à la démission dont le Parti des travailleurs, formation politique de Dilma Rousseff. Le député Alessandro Molon a lui déposé une demande officielle de destitution. Signe de l'inquiétude des marchés, la séance de la bourse avait aété suspendue après une chute de plus de 10% du principal indice brésilien et de quasiment 6% du réal.


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