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Jacqueline Jacob mise en examen pour enlèvement et séquestration — Affaire Grégory

22 Juin 2017

"Ici repose un ange". Vers 17h30, un corbeau revendique l'enlèvement du petit Grégory par téléphone.

"Tout ce que nous pouvons dire, c'est que le corbeau est double", a indiqué cet après-midi Jean-Jacques Bosc, le procureur général de Dijon.

Selon Me Stéphane Giuranna, avocat de Marcel Jacob, ce déferrement n'est "pas une décision de culpabilité", mais la "possibilité d'accéder à une procédure". Il a précisé qu'il allait rapidement demander "la nullité de la mise en examen" de son client, qui aurait dû, selon lui, seulement être placé sous le statut de témoin assisté. "On va savoir qui c'est", se réjouit un voisin des grands-parents de Grégory. Placés en détention provisoire, ils ont été mis en examen hier pour séquestration suivie de mort.

Pour rappel, le cadavre du petit Grégory Villemin avait été retrouvé au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne, dans les Vosges (nord-est).

"Nous avons des éléments troublants, nombreux, précis, concordants, significatifs". Peut-être qu'ils l'ont vu petit. Retour sur une affaire atypique aux conséquences dramatiques. Premier suspect dans l'affaire, il a été libéré puis tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin. Et c'est donc le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier. Les enquêteurs pensent avoir identifié les fameux "corbeaux" et qu'ils ont joué un rôle dans la mort de l'enfant, compte-tenu de leur degré de connaissances des faits et de l'absence d'alibis le jour du drame.

32 ans après le meurtre, le délai légal de 10 ans paraît en effet à première vue largement expiré. Chaque protagoniste a été "positionné " dans le laps de temps fatal (une demi-heure) grâce au logiciel. "Vous cherchez toujours du même côté de la famille", poursuit Ginette Villemin, souvent présentée comme une membre du " clan Laroche " au sein de la famille.

Le procureur a par ailleurs évoqué les liens entre les lettres de menaces et les appels téléphoniques du "corbeau". Et dans leur propos, surgissent de nombreuses similitudes avec les lettres, notamment le terme "le chef", utilisé pour désigner Jean-Marie Villemin, contremaître dans une usine de pièces automobiles. Selon nos informations, d'autres recoupements effectués par AnaCrim auraient permis de relever que le couple se livrait à des surveillances et des repérages.

Le couple Jacob a nié "toute participation aux faits reprochés", sans présenter "d'alibi qui soit confirmé ou étayé", a-t-il expliqué.

Le grand-oncle et la grande-tante de Grégory Villemin, Marcel et Jacqueline Jacob, ont été écroués. "Je me suis vengé".

Bernard Laroche le 5 novembre 1984. Ginette Villemin, une belle sœur, est elle aussi interpellée.

Dès le lendemain, la jeune fille de 15 ans se rétracte. Bernard Laroche est remis en liberté le 4 février, mais reste inculpé, avant d'être abattu le 29 mars 1985 d'un coup de fusil par Jean-Marie Villemin, qui avait annoncé son intention de faire justice lui-même, car il ne croyait pas à l'innocence de son cousin. Bernard Laroche, lui aussi son neveu. Les époux Villemin demandent que de nouvelles recherches ADN soient effectuées pour connaître la vérité sur la mort de leur fils.


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