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Un accès aux soins difficile pour les femmes en situation de précarité

09 Juillet 2017

Dans l'accès aux soins, et plus globalement en santé, les femmes précaires subissent de plein fouet les inégalités sociales (liées à la précarité) et sexuées (liées au genre), dénonce le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE), dans un rapport co-écrit par le Dr Gilles Lazimi et remis ce 7 juillet à la secrétaire d'État Marlène Schiappa.

Dans son dernier rapport, le Hce pointe une situation alarmante sur la santé des femmes en situation de pauvreté.

Malgré les recommandations, elles ont un suivi gynécologique non constant et ont moins l'accès aux dépistages du cancer du sein et du col de l'utérus. D'autre part, elles font les frais d'une médecine encore très androcentrisme (qui consiste à envisager le monde uniquement ou en majeure partie du point de vue des êtres humains de sexe masculin) explique le rapport.

Elles seraient plusieurs millions de femmes à abdiquer et à refuser (au mieux à reporter le moment) de se faire soigner comme l'annonce le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes. Parmi les femmes, la mortalité est multipliée par 3 pour les catégories socio-professionnelles les plus défavorisées.

"Depuis 15 ans, les maladies professionnelles, les accidents de travail et de trajet sont en forte augmentation chez les femmes, en particulier dans des secteurs à forte précarité", souligne le rapport. Dans les activités de santé, nettoyage et travail temporaire, les accidents du travail concernant des femmes ont augmenté de 81% entre 2001 et 2015, et les accidents de trajet de 43%. Cette précarité les enferme dans un cercle vicieux puisque plus elles sont pauvres, plus elles sont en surpoids, plus elles fument et plus elles boivent de l'alcool. Elles renoncent alors à solliciter les aides financières trop complexes: "un tiers des potentiel.le.s bénéficiaires de la Cmu-C ne la demande pas ". Les femmes cumulant les difficultés sont plus exposées que les hommes à certaines pathologies et participent peu au dépistage des cancers féminins. "Il recommande de modifier par décret les seuils des critères de pénibilité, pour prendre en compte la manutention de charges peu importantes, mais répétées, la station debout comme " posture pénible", les produits ménagers comme " agents chimiques dangereux " et les horaires atypiques des métiers exercés surtout par des femmes. Selon ce rapport, que nos confrères de BFM TV ont pu consulter, les progrès accomplis en matière de santé " ne profitent pas à toutes et tous et les inégalités sociales perdurent ". Parmi les femmes ouvrières, les moins qualifiées, plus de la moitié n'ont pas de contraceptif.


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