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Le parlement de Catalogne adopte la loi prévoyant un référendum d'autodétermination

08 Septembre 2017

S'adressant à la presse, le procureur général espagnol, Jose Manuel Maza, a expliqué que des poursuites pénales seront déposées contre les dirigeants catalans qui ont permis l'adoption de la loi ainsi que contre les membres du gouvernement qui ont convoqué cette consultation populaire en dépit d'une interdiction de la Cour constitutionnelle du pays.

Deux ans ont encore filé, sans véritable évolution du camp de Mariano Rajoy, accusé d'immobilisme: une première année sans gouvernement en raison du blocage du Parlement, une deuxième avec des propositions de "dialogue" et d'investissements, mais sans céder sur l'essentiel: l'exigence d'un référendum, ou d'une évolution du "modèle territorial" de l'Espagne.

"D'un ton solennel, en de " si difficiles circonstances ", M. Rajoy a annoncé qu'il ferait " tout ce qui est nécessaire " pour que cette consultation ne se tienne pas dans la région aux 7,5 millions d'habitants, grande comme la Belgique et qui produit 20 % du PIB espagnol. Le droit face à la volonté d'usurper la souveraineté du peuple espagnol.

La "Generalitat" - l'exécutif catalan - désormais en campagne veut mobiliser un maximum de participants pour légitimer le scrutin, une mission difficile car il faut mettre en place une autorité électorale crédible et éviter les chausses-trappes de l'adversaire.

Elle a été marquée par les huées, les applaudissements, les cris.

Le gouvernement espagnol soutient que cette initiative est illégale et qu'elle doit être stoppée.

Le malaise était palpable lors du débat au sein du parlement régional de Catalogne car après le boycott de plusieurs partis, un député pro-indépendance a retiré les drapeaux espagnols laissés par les députés qui avaient quitté l'hémicycle.

Non loin de là un autre groupe d'hommes brandissait une pancarte contre le référendum dénonçant une "l'escroquerie anti-démocratique", une expression déjà utilisée par le chef du gouvernement à Madrid, le conservateur Mariano Rajoy. Il a été adopté à 72 voix pour et onze abstentions.

Les élus opposés au référendum ont refusé de voter.

Mariano Rajoy n'a pas réagi à chaud, fidèle à son habitude.

Le gouvernement de Madrid a saisi la cour constitutionnelle pour tenter de faire annuler les débats, puis le vote de la loi.

"La nouvelle loi instaure du même souffle un " régime juridique exceptionnel " qui prévaudra " sur toutes les normes qui pourraient entrer en conflit avec la loi", ce qui signifie ni plus ni moins que la Catalogne se réserve le droit d'ignorer les décisions de la justice espagnole.

Après avoir remporté les élections régionales en septembre 2015, les séparatistes ont promis de chercher à conduire à l'indépendance la Catalogne, qui a une langue et une culture propres.

Face à ces pressions, les indépendantistes disent défendre leurs droits démocratiques après des années d'humiliation par les conservateurs, qui ont notamment obtenu de la Cour qu'elle réduise des compétences plus larges accordées à la Catalogne entre 2006 et 2010.


Le parlement de Catalogne adopte la loi prévoyant un référendum d'autodétermination