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Madrid s'attaque à la logistique du référendum interdit — Catalogne

30 Septembre 2017

Le secrétaire d'Etat à la sécurité, José Antonio Nieto, qui y participait, a expliqué à la presse qu'il avait répété que le scrutin ne pouvait avoir lieu et espéré "que la cohabitation (entre Catalans) ne soit pas altérée, de même que l'Etat de droit". Depuis les législatives de 2016, il gouverne en minorité avec le soutien du parti libéral Ciudadanos, né en Catalogne pour lutter contre l'indépendantisme. Le 6 septembre, le Parlement catalan a adopté une loi pour organiser ce référendum malgré son interdiction, arguant du fait que les indépendantistes le réclament depuis 2012. Il est en effet considéré comme illégal par la Cour constitutionnelle espagnole et le gouvernement de Mariano Rajoy veut empêcher sa tenue.

Le porte-parole du gouvernement espagnol a, en outre, lancé un appel "au calme, à la sérénité et au bon sens commun, ainsi qu'à ne pas commettre d'actes illégaux", qualifiant de "très important" d'éviter les fractures sociales.

La relation entre l'Espagne et la Catalogne semble de plus en plus tendue.

L'organisation de ce référendum est désormais à l'origine d'une crise majeure en Espagne. Le 20 septembre, des perquisitions ont par exemple été menées au siège du gouvernement régional catalan, à Barcelone. Elle accuse cependant le "gouvernement intransigeant du Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy" d'être responsable de la "dégradation de la situation".

Par ailleurs, des tracteurs décorés du drapeau catalan ont défilé lentement dans les rues de Barcelone, vendredi, en appui à l'organisation du référendum.

Face à la démonstration de force d'un Etat qui déploie des milliers de policiers hébergés dans des ferrys à quai à Barcelone, les séparatistes ont recours à la dérision. Mais aussi, réaffirmer leur volonté de s'exprimer lors de ce référendum. Député européen de 2009 à 2011, il a dirigé l'opposition au parlement régional avant de devenir, en janvier 2016, le vice-président du gouvernement de Carles Puigdemont. Quant à la commission électorale, à qui la loi sur le référendum confie la supervision et le contrôle du scrutin, elle a vu l'ensemble de ses membres démissionner, eux aussi menacés de lourdes amendes.

Assurant n'avoir "jamais été indépendantiste", elle demande un référendum d'autodétermination en bonne et due forme, et fait valoir que les séparatistes ne pourront pas proclamer "tous seuls" une indépendance que personne ne leur reconnaîtrait. Il se fera parce que nous avions prévu des plans de secours pour en garantir l'organisation. Ainsi, le chef du gouvernement a incontestablement l'avantage, fidèle qu'il est à une sorte de " patriotisme constitutionnel", le nouvel avatar du nationalisme espagnol. Certains évoquent la possibilité d'arriver la veille pour occuper les bureaux de vote, ou encore de constituer de grandes files d'attente devant les portes closes. "Je peux vous dire qu'il y aura un scrutin dimanche, mais ça sera contraire à la loi et le résultat ne sera pas fiable". Sergio, 23 ans, de la faculté de philosophie, a enchaîné deux nuits dans le hall universitaire afin d'empêcher les forces de l'ordre d'en prendre possession.


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