Vendredi, 17 Novembre 2017
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Offensive de Bagdad contre les Kurdes à Kirkouk

17 Octobre 2017

Les journalistes de l'AFP ont vu des forces irakiennes s'empaer de cette ville mixte turkmène et kurde située à 75 km de Kirkouk, ainsi que de la cité mitoyenne de Dakouk. Ils ont été repris entretemps par les combattants kurdes qui en ont pris possession.

Hier, c'était Saddam Hussein opérant par le gaz et les déportations.

Les combats se sont concentrés sur la zone de Taza Khormatou, qui borde la ville de Kirkouk au sud.

A l'exception de tirs d'artillerie dans la nuit, la progression des forces gouvernementales irakiennes a été facilitée par le retrait des combattants kurdes (peshmergas) de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) de leurs positions au sud de Kirkouk. Ce parti, opposé au Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani -qui a décidé du référendum-, n'est pas un partisan d'une rupture totale avec l'Etat central irakien.

Que l'on soit pour ou contre l'indépendance du Kurdistan, que l'on soit pour une souveraineté totale ou limitée, que l'on ait en tête une séparation franche d'avec l'Irak ou l'une de ces architectures confédérales dont je sais qu'elles avaient la faveur de nombre de responsables. L'ensemble de ces positions se trouvent sur la voie conduisant à une base militaire et des champs pétroliers plus au nord que les peshmergas avaient conquis il y a trois ans suite à l'instabilité occasionnée par l'offensive fulgurante de l'organisation djihadiste de l'Etat Islamique (EI) en territoire irakien.

Les forces irakiennes, parmi lesquelles les hommes du Service de contre-terrorisme (CTS), formés par les Américains, ont occupé le siège de la North Oil Company, au nord-ouest de Kirkouk, ainsi qu'une raffinerie voisine, sans coup férir.

Dans une déclaration lue à la télévision, il a ordonné aux forces armées "d'établir la sécurité à Kirkouk en coopération avec la population et les peshmergas". Par ailleurs, Bagdad, dont le budget est grevé par la chute des cours du pétrole et trois années de mobilisation et de combats contre Daech, entend reprendre la main sur les 250 000 barils de pétrole par jour des trois champs de la province de Kirkouk: Khormala, pris par les Kurdes en 2008, et Havana et Bay Hassan, pris en 2014. Mais cette information a été démentie par les autorités kurdes qui à l'instar d'autres sources militaires irakiennes, ont fait état de violents heurts au sud de Kirkouk.

Au même moment, le gouverneur de Kirkouk, Najm eddine Karim, limogé par Bagdad mais qui refuse de quitter son poste, a appelé les habitants à prendre les armes pour défendre leur ville.

Depuis vendredi, les forces irakiennes avaient repris certaines bases désertées peu avant par les peshmergas. De son côté, le Kurdistan, qui traverse la plus grave crise économique de son histoire, pourrait lourdement pâtir de la perte de ces champs qui assurent 40% de ses exportations pétrolières.

Tôt lundi matin, le Commandement conjoint des opérations (JOC), qui regroupe les forces irakiennes engagées, a annoncé la reprise de "la base militaire K1", la plus importante de la province de Kirkouk. Bagdad, en crise ouverte avec Erbil depuis la tenue, le 25 septembre, du référendum d'indépendance y compris dans des zones disputées comme Kirkouk, a récemment multiplié les mesures économiques et judiciaires pour faire plier le Kurdistan.

Selon Erbil, l'Iran a en outre fermé sa frontière avec le Kurdistan, ce que Téhéran a démenti.


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