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Menaces sur sa rétrospective à la Cinémathèque — Roman Polanksi

31 Octobre 2017

Le patient en question, Roman Polanski, présente ce lundi soir à la Cinémathèque son nouveau film, un thriller, "D'après une histoire vraie". "Le temps du silence est terminé, on va les chasser, la peur et la honte doivent changer de camp", a déclaré à l'AFP l'une des deux Femen, dénonçant "une certaine arrogance et violence de la Cinémathèque" d'avoir maintenu cet hommage.

Torse nu, les deux femmes, portant dans le dos l'inscription "Very Important Pedocriminal", ont été rapidement évacuées du bâtiment. Quand on sait que 89% des rétrospectives de la Cinémathèque ont été consacrées à des hommes, n'y avait-il pas de femmes cinéastes à mettre en lumière au lieu de ces violeurs?

Alors que des milliers de femmes continuent de balancer leur témoignage de harcèlement ou d'agression sur les réseaux sociaux dans la foulée de l'affaire Weinstein, l'institution accueille donc, tout d'or palmé soit-il, un réalisateur accusé d'avoir violé une enfant de 13 ans en 1977 et de plusieurs autres agressions sexuelles.

Sous la pression des mouvements féministes, Roman Polanski avait dû en début d'année renoncer à présider la cérémonie des César.

"Il y a quelque chose de très malsain dans le fait de traiter les violences (faites aux femmes) par rapport aux qualités et aux défauts de l'agresseur et non pas par rapport à la dignité et à l'accès au droit des victimes", avait-elle souligné.

Avec sa pétition mise en ligne vendredi dernier et adressée à la Cinémathèque française, la militante féministe Laure Salmona, a recueilli près de 27 000 signatures. "Fidèle à ses valeurs et à sa tradition d'indépendance, la Cinémathèque n'entend se substituer à aucune justice", a informé l'institution présidée par le réalisateur Costa-Gavras, dénonçant une demande de "censure pure et simple". Face à cette polémique, Françoise Nyssen appelle à "ne pas condamner l'œuvre". "Je pense. Oui", répond-il à la journaliste qui l'interroge sur le sujet. Après 42 jours en prison, il s'était enfui des Etats-Unis en janvier 1978, redoutant d'être lourdement condamné, contrairement à un accord à l'amiable. La pétition ironise sur le "sens du timing parfait" de la Cinémathèque, "en pleine affaire Weinstein" et alors que le réalisateur a fait l'objet de nouvelles accusations d'agressions sexuelles, qu'il conteste formellement.

En janvier 2018, la Cinémathèque Française célèbrera également Jean-Claude Brisseau, condamné pour harcèlement sexuel puis pour agression sexuelle, et accusé de viols par plusieurs actrices.


Menaces sur sa rétrospective à la Cinémathèque — Roman Polanksi